Le récent projet de réforme des retraites propose des changements significatifs concernant les conditions de départ pour ceux ayant commencé à travailler avant 20 ans. Voici ce qu'il faut retenir selon votre année de naissance et votre parcours professionnel.
Retraite anticipée : un recul à 62 ans pour ceux ayant débuté après 18 ans
Si vous avez commencé à travailler jeune et envisagé de prendre votre retraite dès 60 ans grâce au dispositif de carrière longue, soyez vigilant. Cette réforme pourrait faire planer des incertitudes sur vos projets de départ. Votre possibilité de départ anticipé dépendra de votre année de naissance, de l'âge de début de votre activité et de vos trimestres validés.
Actuellement, près de 20 % des salariés prennent leur retraite entre 60 et 62 ans grâce à des dispositions favorables. En 2021, l'Assurance retraite a enregistré 125 546 départs anticipés, et un petit groupe de 238 personnes a pu partir entre 58 et 60 ans après avoir commencé à travailler avant 16 ans.
Les critères actuels pour partir anticipativement à 60 ans sont :
- 5 trimestres travaillés avant 20 ans (ou 4 trimestres pour ceux nés après septembre),
- Un nombre suffisant de trimestres validés, en lien avec les exigences pour obtenir le taux plein, qui est en montée continue depuis la réforme Touraine de 2014.
Attention : seuls les trimestres cotisés par votre travail ou ceux considérés comme cotisés (comme pour des périodes militaires ou de chômage) sont pris en compte. Les trimestres pour enfant ne sont pas inclus, bien que la réforme pourrait prendre en compte jusqu'à 4 trimestres de congé parental.
Conséquences de la réforme si elle est adoptée
Avec le recul progressif de l'âge légal à 64 ans, l'âge de départ anticipé va également évoluer pour ceux ayant commencé leur carrière précocement. Le projet de loi introduit trois catégories : ceux ayant commencé avant 16 ans, ceux avant 18 ans, et ceux entre 18 et 20 ans. À terme, ceux du dernier groupe pourraient vouloir partir au plus tôt à 62 ans, soit deux ans avant l'âge légal.
Comme c'est le cas aujourd'hui, ils devront avoir cumulé au moins 5 trimestres avant 20 ans et renforcer leurs trimestres, qui seront augmentés par la réforme. Pour ceux ayant démarré leur carrière entre 18 et 20 ans, les conditions de départ seront plus rigoureuses, évoluant progressivement en fonction de l'année de naissance.
Ce qui changera pour ceux ayant de très longues carrières
Pour ceux ayant débuté leur carrière avant 16 ans, la réforme ne modifie pas trop les règles. Ils devront encore prouver 5 trimestres cotisés avant 16 ans, mais le nombre total de trimestres requis pour partir à 58 ans sera limité à 176, correspondant à 44 ans de cotisations — un an de plus que le minimum requis pour le taux plein à 64 ans.
Malgré cela, peu de salariés réussissent à atteindre une retraite entre 58 et 60 ans, avec moins de 550 départs possibles enregistrés annuellement depuis 2019. Pour pallier cette situation, le gouvernement envisage une nouvelle option de départ à 60 ans pour ceux ayant travaillé entre 16 et 18 ans, avec 5 trimestres validés avant 18 ans et 44 années de cotisations.
Un aperçu des conditions de départ anticipé avec un début de carrière précoce est ci-après :
- Pour les nés en 1963 : 176 trimestres requis pour partir à 58 ans
- Pour les nés en 1964 : 177 trimestres avec départ à 58 ans également
Si vous envisagez de partir tôt, notez que la route sera semée d'embûches du fait des exigences croissantes en matière de trimestres. Par exemple, un assuré de la génération 1962, ayant commencé sa carrière à 15 ans et 9 mois, pourrait prendre sa retraite à 59 ans, tandis qu'un assuré de 1980 dans une situation similaire pourra liquider sa pension à 59 ans et 9 mois.
En somme, même avec des trimestres accumulés dès la jeunesse, atteindre une véritable retraite anticipée aura ses défis. Ainsi, un assuré de 1970 ayant débuté sa carrière à 19 ans et 9 mois pourrait ne pouvoir prendre sa retraite qu'à 62 ans et 9 mois, soit bien plus tard qu'espéré.







