Pour favoriser la croissance optimale des plantes dans nos jardins et potagers, l'eau et les nutriments sont indispensables. Cependant, selon la nature du sol, certains de ces éléments nutritifs peuvent être en quantité insuffisante. Un éventail d'éléments appelés "oligo-éléments" (fer, bore, zinc, cuivre, manganèse…) est nécessaire en faibles doses, mais leur absence peut sérieusement affecter la santé des végétaux. Les nutriments secondaires comme le calcium, le magnésium et le soufre doivent également être présents, mais parmi les macronutriments, le trio essentiel est composé de l'azote (N), du phosphore (P) et du potassium (K). Focalisons-nous sur le phosphore.
A quoi sert le phosphore ?
Le phosphore est crucial pour la vitalité des plantes. Il joue un rôle primordial dans la structure cellulaire et dans le processus de photosynthèse, comme l'azote. Toutefois, ses fonctions distinctives incluent le développement du système racinaire, ainsi que la floraison et la maturation des graines.
Considéré comme un engrais précieux, le phosphore est en réalité limité sur notre planète. Ses réserves sont inégalement réparties et pourraient s'épuiser dans un avenir proche (dans moins de 300 ans). Les engrais phosphatés proviennent de phosphates naturels extraits de mines situées principalement au Maroc, en Chine, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Il devient donc impératif de mieux recycler les déchets contenant du phosphore, tels que les fumiers et les composts d'origine animale et humaine (urines, excréments, déchets alimentaires, os, eaux usées).
Comment savoir si la terre manque de phosphore ?
Une carence en phosphore se manifeste par une croissance ralentie des plantes, une réduction du système racinaire, des tiges étioled et une floraison rare, souvent accompagnée de retards de maturation. L'un des signes les plus évidents d'une insuffisance de phosphore est la décoloration violacée ou bleutée des feuilles, souvent visible sur les feuilles les plus âgées. À des niveaux plus sévères, cela peut aussi affecter la formation des fleurs, des graines et des fruits.
Sous quelle forme ajouter du phosphore ?
La plupart des sols renferment suffisamment de phosphore, mais celui-ci n'est pas toujours accessible aux plantes. Cela se produit notamment quand le pH du sol est inapproprié, soit en dessous de 6 ou au-dessus de 7. De plus, une carence en azote peut entraver l'absorption du phosphore.
Pour libérer le phosphore, le jardinier peut améliorer le pH du sol en ajoutant des matières organiques riches en micro-organismes. Un réseau trophique sain, intégrant des champignons et des mycorhizes, est également crucial pour le transport du phosphore vers les racines. En cas de sols très dégradés, des engrais phosphorés à libération lente peuvent être nécessaires. Parmi ceux-ci, on trouve :
- Guano de chauve-souris ou d'oiseaux marins (3,5 % de phosphore) : un engrais organique efficace, à appliquer de novembre à mars à raison de 2 à 3 kg/10 m².
- Farine d'os et d'arêtes de poissons (25 % de phosphore) : agit lentement, conseillé à hauteur de 500 g/10 m² de novembre à mars.
- Fumier de cheval ou de vache : un mélange équilibré de nutriments avec de la matière organique.
- Phosphate naturel, broyé et tamisé (25 à 30 % de phosphore) : à appliquer à 200-400 g/10 m² en automne et hiver, tout en faisant attention à d'éventuels métaux lourds comme le cadmium.
Un excès de phosphore par rapport à l'azote peut causer des problèmes dans le jardin. Il réduit l’efficacité d’assimilation de l’azote par les racines et impose à l'horticulteur d'ajouter de l'azote, potentiellement au détriment de l'équilibre nutritif global. Enfin, évitez d'utiliser des engrais phosphatés sans une analyse de sol préalable, car fumiers et composts pourraient suffire à votre jardin.







