Sauterelles pimentées, fourmis au citron, vers de farine croustillants... Les experts prédisent que pour répondre aux besoins en protéines de la population mondiale d’ici quelques décennies, l’alimentation devra inclure les insectes. Une exploration surprenante de cette cuisine novatrice par Carole Garnier, chef de rubrique nutrition.
Une consommation mondiale croissante
Selon les Nations Unies, près de deux millions de personnes à travers le monde consomment des insectes quotidiennement. Au Mexique, les sauterelles piquent les papilles à l’apéritif, tandis qu’en Thaïlande, les scarabées sautés font partie de la cuisine. En France, l’idée de déguster des insectes reste encore souvent mal perçue. Cependant, notre palais est déjà familier avec de nombreuses spécialités comme les cuisses de grenouille ou les escargots au beurre d'ail. Alors, pourquoi cette réticence face aux insectes ?
Une expérience gustative unique
En entrée, une salade de concombre au yaourt et aux fourmis tisserandes pourrait rassurer les plus sceptiques. Les petites granulations noires apportent une note acidulée inattendue, enrichissant la recette. Romain Fessard, importateur d’insectes comestibles, indique que le goût léger des fourmis se marie bien avec diverses préparations, des sauces aux desserts.
Pour le plat principal, une papillote de saumon accompagne des vers de farine, offrant une texture croustillante qui se marie harmonieusement avec l'onctuosité des oignons. Le grillon, insecte le plus consommé au monde, promet un goût de noisette, tandis que le scarabée évoque la douceur d’une pomme au four. En dessert, des vers de farine ajoutent une touche surprenante aux mangues caramélisées, apportant protéines et plaisir.
Les avantages nutritionnels et environnementaux
« Les insectes sont très riches en protéines », explique Romain Fessard, soulignant que certaines chenilles africaines peuvent atteindre 53 g de protéines pour 100 g, surpassant les 21 g du boeuf. De plus, les insectes fournissent des quantités significatives de fer et d’acides gras essentiels. C’est une réponse potentielle aux besoins nutritionnels de la population mondiale prévue à 9 milliards d’individus d’ici 2030.
Du point de vue écologique, l'élevage d'insectes nécessite beaucoup moins d’espace et réduit l’empreinte carbone. Pour produire un kilo d’insectes, seulement 2,5 kg de végétaux sont nécessaires, alors que le bétail en requiert plus de 6 kg. Ils dégagent également moins de CO2, un facteur clé dans la lutte contre le changement climatique.
Les insectes sont soigneusement traités : congelés pour éliminer les bactéries, blanchis et déshydratés avant d'être conditionnés. Cela garantit non seulement la sécurité alimentaire mais également la qualité du produit.
Alors, prêt à goûter ? Commencez peut-être par des fourmis ou des vers de farine, des options accessibles et peu intimidantes. Vous pourriez même les intégrer sous forme de poudre dans vos recettes habituelles.
Et pour ceux qui hésitent encore, sachez que nous ingérons déjà une certaine quantité d'insectes sans le savoir. Chaque année, environ 500 g d’insectes seraient consommés par personne au cours de nos repas, sans compte des quelques petites bestioles avalées durant notre sommeil.
Pour vous lancer dans cette aventure culinaire, des insectes comestibles tels que des vers de farine, des fourmis et des criquets sont disponibles en sachets, ainsi que des packs découverte pour explorer différentes variétés. Le prix varie entre 6,50 et 14 euros pour des sachets de 35 à 60 g, disponibles sur www.insectescomestibles.fr et bientôt dans certaines enseignes Auchan.







