Après les déclarations d'Emmanuel Macron sur la réforme des retraites, évoquant son impossibilité de reprise en l’état, le gouvernement assure que ce dossier reste une priorité. Cependant, les intentions précises demeurent floues.
Un calendrier incertain pour les réformes
Olivier Rouquan, politologue et chercheur au Cersa, souligne que la réforme des retraites est vue comme une "urgence qui dure", ayant été stoppée par la pandémie de Covid-19. Macron nourrit l'espoir de maintenir l'image d'un président axé sur le changement, en évitant d’apparaître comme inactif à l’approche des prochaines élections.
Cependant, Rouquan doute de la possibilité d’avancer sur ce dossier avant l'an prochain, en raison d’un agenda législatif déjà surchargé. Selon lui, ce discours présidentiel sert surtout à s'ancrer dans une narrative d'action et à rassembler ses partisans :
- Une réforme envisagée comme un moyen de raviver le soutien de la base électorale de 2017, axée sur le libéralisme social.
- Le défi est de ne pas sombrer dans l'angoisse collective liée à l'avenir des retraites alors que des mobilisations sociales se font sentir.
Les enjeux économiques de la réforme
De son côté, un économiste à l’OFCE souligne qu'avant même la crise, le système de retraite avait déjà des problèmes de financement. La baisse du PIB provoquée par la crise aggravera cette situation, rendant urgente une réforme :
- La nécessité de clarifier les types de réformes : systémique ou paramétrique ?
- La question cruciale du rétablissement de l'équilibre financier du système à moyen terme.
Les discussions autour d'introduire des mesures pour un retour à l'équilibre financier d'ici 2027 montrent que le chemin vers une réforme est jonché d'embûches. La crise a également révélé des inégalités entre générations, renforçant l'idée d'un juste partage entre celles-ci.
La réponse à la question de la réforme des retraites n'est donc pas simple. À mesure que la période électorale se rapproche, les acteurs politiques devront naviguer avec prudence. Oublier l'urgence d'équilibrer le régime pourrait gravement mettre en danger la crédibilité du système, qui ne peut se financer indéfiniment par la dette.







