L’ex-chef superstar d’elBulli dévoile sa collaboration de trois ans avec Dom Pérignon. Un projet de snacking futuriste et bien d'autres surprises en perspective.
Madame Figaro. - Pourquoi créer une Fondation elBulli ?
Ferran Adrià. - Pour stimuler la créativité. Comprendre les fondements de notre alimentation et tenter d'analyser le processus complexe qui l'entoure. Avec Dom Pérignon et son chef de cave, Richard Geoffroy, nous explorons les mécanismes créatifs derrière le champagne.
Qu'est-ce que l'ElBulli Lab ?
C'est un projet d'exploration approfondie, sur lequel nous travaillons depuis plusieurs mois à Barcelone. Ce projet me tient à cœur et m'enthousiasme profondément.
Et la Bullipedia ?
Il s'agit d'une encyclopédie culinaire digitale à venir, un glossaire repensé de la gastronomie.
Quel sera l'avenir d'elBulli 1846 ?
Ce sera la seconde phase de la Fondation, prévue pour ouvrir en 2018 à Cala Montjoi, environ sept ans après la fermeture d'elBulli. Ce ne sera pas un restaurant, mais un espace d'expérimentation.
Qu'en est-il de Heart à Ibiza ?
C'est un espace événementiel que nous avons récemment ouvert avec mon frère Albert et le Cirque du Soleil.
Et en cuisine, quel est votre programme actuel ?
J'adore cuisiner durant quelques jours, mais pas en continu. Je préfère le faire symboliquement pour des occasions spéciales, comme pour le lancement d'elBulli 1846.
Quel est le trait principal de votre caractère ?
Peut-être la passion ?
Qu'est-ce qui vous rend le moins fier ?
Ne pas avoir suffisamment de temps à consacrer à ma famille.
Le dîner idéal chez vous, qui invitez-vous ?
Ma femme. Je cuisine pour elle tous les jours, bien qu'elle ne semble pas s'en préoccuper. Je l'adore, elle est incroyable.
Un modèle pour vous ?
Mon père.
Votre moteur ?
Le défi. Progresser, innover. Le Bulli Lab est dédié à cela : réfléchir à la créativité et explorer de nouvelles approches.
Comment gérez-vous le stress ?
Je n’éprouve pas de stress. L'essentiel est la santé de ma famille et de mes amis.
Quel type de cadeau préférez-vous offrir ?
Je suis généreux. Je donne souvent de l'argent, mais je peux aussi offrir du travail ou d'autres formes de soutien, selon les besoins.
Les trois indispensables de votre dressing ?
Mes bracelets porte-bonheur, un sac à dos et des baskets.
Qu'est-ce que l'élégance pour vous ?
Profiter du moment présent, c'est la clé.
Et la plus grande vulgarité ?
Le manque de respect.
Quel est votre luxe ?
La liberté. J'ai la chance de pouvoir faire ce que je souhaite la majorité du temps, et cela m'importe beaucoup.
Quel livre vous suit ?
El Práctico de Ramón Rabasó, l'équivalent argentin des principes d'Escoffier.
Quels sont vos films favoris ?
Apocalypse Now et Pulp Fiction.
Une devise qui vous représente ?
Je préfère ne pas compliquer la vie des autres, tout comme je ne veux pas qu'ils la compliquent pour moi.
Un lieu qui vous ressemble ?
La Cala Montjoi, site de l'ancien restaurant elBulli, où le nouveau laboratoire elBulli 1846 sera bientôt établi. C'est un lieu qui symbolise mon cheminement.
(1) Fondation elBulli.
(2) Heart Ibiza.







