Les temps changent et avec eux, nos habitudes bancaires. En France, la diminution des distributeurs automatiques de billets (DAB) s'accélère, suscitant des préoccupations quant à l'accessibilité et à l'inclusion financière.
Pourquoi les DAB disparaissent-ils ?
Le chiffre est révélateur : en seulement une décennie, le nombre de DAB en France a chuté de 20 %, passant de plus de 58 000 à environ 46 000. Cette tendance s'explique principalement par les coûts élevés liés à leur fonctionnement, incluant la maintenance et le réapprovisionnement. Les grandes banques françaises, comme BNP Paribas et Société Générale, ont initié la mutualisation de leurs DAB, prévoyant la fermeture de 3 000 points de retrait d'ici 2026 dans le cadre de leur projet "Cash Services".
Simultanément, la société se dirige vers une dématérialisation croissante des transactions financières. Les paiements électroniques, tels que les cartes bancaires et les applications de paiement mobile, deviennent la norme, facilitant ainsi les transactions rapides et sans contact. Cette évolution, combinée à des réglementations visant à limiter l'utilisation des espèces pour des raisons de sécurité, contribue à cette dynamique.
Les enjeux d'une accessibilité réduite
La Fédération bancaire française encourage une vision optimiste en soulignant que 80 % des Français se trouvent à moins de 5 minutes en voiture d'un DAB. Toutefois, cette perspective peut masquer des défis, notamment pour certaines populations :
- Les personnes âgées : Elles se fient souvent à l'argent liquide pour leurs achats quotidiens et peuvent éprouver des difficultés face aux technologies numériques.
- Les habitants des zones rurales : Moins bien desservies par les DAB, ces personnes subissent des contraintes supplémentaires pour accéder à du cash.
- Les ménages à faible revenu : Ils préfèrent généralement les espèces pour mieux gérer leur budget et éviter des frais bancaires superficiels.
Une préférence persistante pour le cash
Malgré cette baisse des DAB, les Français continuent d'afficher une prédilection pour le paiement en espèces. D'après une enquête de la Banque centrale européenne, près de 50 % des transactions commerciales en France se font en cash. Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport aux années précédentes, il révèle un attachement à cette méthode de paiement.
Les raisons de cette préférence incluent la gestion tangible des dépenses, la confidentialité des transactions et la simplicité d'utilisation. En somme, bien que les paiements numériques gagnent du terrain, l'argent liquide conserve une place déterminante dans le quotidien des Français et sa disparition reste peu probable dans un futur proche.







