Avez-vous déjà songé à déposer des objets de valeur au mont-de-piété pour obtenir un prêt ? Le prêt sur gage offre une solution rapide et pratique pour accéder à des fonds, en particulier pour les personnes qui peinent à obtenir des crédits traditionnels, telles que nos aînés confrontés à la précarité. Ce mode de crédit, de plus en plus utilisé dans un contexte de difficultés économiques croissantes, permet de faire face aux urgences du quotidien tout en ayant l'espoir de récupérer ses biens. Dans cet article, nous explorerons les tenants et aboutissants du prêt sur gage.
Qu'est-ce que le prêt sur gage ?
Le prêt sur gage est une pratique ancestrale apparue au 15ème siècle en Italie pour contrer les taux d'intérêt abusifs. Le principe est simple : déposer un bien précieux dans un mont-de-piété (terme français issu de la mauvaise traduction de l'italien Monte di pietà) permet d'obtenir un crédit. Si la dette n'est pas remboursée, l'organisme peut vendre l'objet pour compenser. Cette méthode sécurise les prêts en offrant un risque réduit aux prêteurs, qui peuvent pratiquer des taux d'intérêt faibles, voire nuls.
L'ouverture du premier mont-de-piété à Avignon en 1610 marque le début d'une longue évolution. Ces institutions ont traversé les tumultes politiques du pays, naviguant entre l'opposition de la chrétienté à l'usure et les besoins pressants de la population. Bien que longtemps perçus comme des lieux réservés aux pauvres, les monts-de-piété se sont progressivement démocratisés au 19ème siècle, accueillant une clientèle variée, des nécessiteux aux classes plus aisées.
C'est à cette époque que l'expression aller "chez ma tante" émerge, faisant référence au fils de Louis-Philippe qui a utilisé cette excuse pour dissimuler le gage d'une montre de valeur. De nos jours, ces établissements sont appelés crédits municipaux, avec le Crédit municipal de Paris comme référence, mais plusieurs villes en disposent également.
Pourquoi choisir le prêt sur gage ?
Tout objet ayant une valeur peut être mis en gage, des bijoux aux œuvres d'art, en passant par des vélos. En réalité, 85 % des objets gagés sont des bijoux, souvent des biens de valeur attachés à des souvenirs personnels. Le montant accordé ne correspond pas à la pleine valeur de l'objet, mais varie entre 50 et 70 % de sa valeur aux enchères.
Ce mode de prêt présente de nombreux avantages. La somme est accessible immédiatement, sans paperasse ni attente. La discrétion est également un atout, permettant aux emprunteurs de garder leurs soucis financiers privés. En outre, les institutions de prêt sur gage sont conçues pour offrir des taux d'intérêt réduits, indépendamment des revenus de l'emprunteur, ce qui les rend accessibles à tous.
Plus crucial encore, si l'emprunteur souhaite se défaire du bien sans remboursement, il peut le faire, une sécurité qui rend le prêt sur gage moins risqué comparé aux formes traditionnelles de crédit. Au 1er janvier 2023, le taux d'intérêt du Crédit municipal de Paris était de 4,25 % pour des prêts jusqu'à 500 €, et augmentait à 9,90 % pour des montants plus élevés.
Comment se déroule le prêt sur gage ?
Le processus est simple. Il suffira de présenter une pièce d'identité et l'objet à gager, accompagné de documents justifiant l'adresse et potentiellement les revenus pour des prêts plus conséquents. Aucun rendez-vous n'est nécessaire pour déposer des objets. Les objets sont ensuite évalués par un expert, qui déterminera leur valeur en se basant sur des ventes aux enchères récentes.
Après l'évaluation, le prêteur remettra une somme allant jusqu'à 70 % de la valeur déterminée, en espèces pour les petits montants, ou par virement pour des sommes plus importantes. Les biens sont gardés en sécurité pendant la durée du prêt, qui peut aller jusqu'à 24 mois. Si l'emprunteur ne rembourse pas, l'objet est mis aux enchères, et si la vente génère un bénéfice, l'emprunteur perçoit la différence.







