Traditionnellement, l'absence de réponse d'une administration à une demande était interprétée comme un refus. Cependant, avec la loi du 12 novembre 2013, ce principe a été bouleversé.
Actuellement, le silence de l'administration est interprété comme un accord, sauf en cas d'exception. Ce changement vise à établir des relations plus claires et efficaces entre l'administration et les usagers, favorisant ainsi une meilleure réactivité.
Une évolution majeure dans le droit administratif
Le droit administratif français s'appuyait longtemps sur le principe défavorable selon lequel le silence de l'administration pendant deux mois entraînait un rejet. Introduit par un décret de 1864, ce mécanisme protégeait l'administration mais nuisait aux citoyens. La réforme de 2013 a inversé cette logique, établissant que l'absence de réponse dans un délai de deux mois équivalait à un accord, en vertu de l'article L231-1 du Code des relations entre le public et l'administration (CRPA).
Cette avancée transformée par un décret en octobre 2014 a permis de clarifier de nombreux processus administratifs. Toutefois, ce principe bénéfique pour les administrés n’est pas exempt d’exceptions.
Situations où le silence équivaut à un accord
Diverses démarches illustrent ce changement législatif et l'intention de simplifier les interactions administratives. Voici quelques exemples clés :
Permis de construire
Pour de nombreuses constructions, le permis est requis. Depuis 2013, certaines demandes de permis peuvent être implicitement acceptées si l'administration ne répond pas dans les deux mois suivant la soumission du dossier complet.
Ouverture d'établissements recevant du public
L'ouverture de commerces ou d'établissements publics nécessite également une autorisation administrative. Ici, si aucune réponse n'est donnée sous 60 jours, le silence est considéré comme un accord.
Demande de subvention
Les subventions publiques soutiennent des projets d'intérêt général. Cependant, il est nécessaire de noter que cela ne s'applique pas aux subventions discrétionnaires, où l'absence de réponse se traduit généralement par un rejet.
Exceptions au principe du silence valant accord
La loi de 2013 a institué plusieurs exceptions, souvent justifiées par des préoccupations de sécurité publique ou d'intérêt général. Ces catégories incluent :
Demandes liées à la sécurité nationale
- Autorisations pour des activités sensibles comme le transport d'armes.
- Accès à des zones militaires.
- Demande d'exercice d'activités de sécurité privée.
Ces situations exigent une attention particulière afin de préserver l'ordre public.
Questions financiers publiques
- Requêtes concernant des remises de dettes fiscales.
- Exonérations d'impôts.
- Aides financières importantes.
Le risque d'impact budgétaire justifie cette exclusion.
Naturalisation et nationalisation
Les demandes d'acquisition de nationalité ou de nationalisation d’entreprises doivent faire l'objet d'une évaluation minutieuse. Une décision implicite pourrait engendrer des conséquences indésirables.
En conclusion, bien que le principe selon lequel le silence administratif pendant deux mois signifie accord constitue un avancée dans la réactivité et l'accessibilité administrative, il n'est pas applicable dans tous les cas. Des exceptions sont en place pour protéger la sécurité, les finances et le bien-être collectif des citoyens.







