Alors que le débat sur la réforme des retraites fait rage, Olivier Dussopt, ministre du Travail, a évoqué la possibilité de réévaluer les droits familiaux, notamment les trimestres de naissance, principalement attribués aux femmes.
Lors d'une interview le 13 février, Dussopt a été confronté à la question de l'impact du report de l'âge légal sur ces trimestres. Sa réponse souligne que l'âge de départ effectif des femmes sera progressivement inférieur à celui des hommes. Il a reconnu que des femmes ayant cotisé presque 40 à 41 ans estiment que ces trimestres liés à la maternité leur semblent désormais moins bénéfiques en fin de carrière et a promis un débat approfondi sur la question.
Rompre les inégalités
- Dussopt pointé du doigt des inégalités flagrantes : une femme cotisant au régime général obtient 4 trimestres pour un enfant, tandis qu'une fonctionnaire n’en reçoit que 2. Il interpelle sur cette disparité et mentionne d'autres inégalités, notamment les majorations pour familles nombreuses.
Il est essentiel de comprendre que dans le secteur privé, la retraite de base accorde 10 % de majoration pour les parents ayant 3 enfants ou plus. De leur côté, les régimes publics offrent aussi des avantages, mais les différences demeurent préoccupantes.
Adapter les règles au contexte de l'emploi
- Le ministre souligne que l'octroi de trimestres a été conçu à une époque où les femmes perdaient souvent des droits en raison de l'accouchement. Aujourd'hui, beaucoup d'entre elles peuvent cotiser durant leur congé de maternité. Il remet donc en question la pertinence de ces trimestres, en particulier pour celles ayant des carrières complètes.
Les femmes aux parcours professionnels hachés trouvent un intérêt à ces trimestres pour compléter leur carrière et partir à la retraite plus sereinement. En revanche, celles ayant une carrière stable pourraient y voir moins de nécessité.
En conséquence, le ministre a renvoyé à un débat en amont d’une potentielle loi visant à réévaluer l'ensemble des avantages familiaux, impactant même des questions comme les pensions de réversion. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 pourrait servir de plateforme pour ce débat, laissant entrevoir de futures tensions sur le sujet.







