Les générations nées à partir de 1961 pourraient bientôt voir l'âge de leur départ en retraite fixé à 64 ans, notamment ceux nés en 1964 et après.
A peine les résultats des élections connus, dimanche 27 juin, les conseillers de l'Élysée se penchaient déjà sur la réouverture du dossier sensible de la réforme des retraites. Oubliée, la réforme systémique lancée au début du quinquennat, au profit d'un projet dirigé par des conseillers proches d'Emmanuel Macron. Parmi eux, Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Élysée, et les ministres Bruno Le Maire et Sébastien Le Cornu, qui préconisent une augmentation de l'âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans.
Concrètement, comme le rapporte Les Échos, ceux nés en 1961 pourraient accéder à leurs droits dès 62 ans et demi à partir de 2022-2023, avec un ajustement de six mois pour chaque génération suivante, atteignant ainsi 64 ans pour les natifs de 1964 en 2028-2029.
Une réforme risquée
Cette mesure, qui pourrait être intégrée dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale dès l'automne 2021, est censée générer une économie de 14 milliards d'euros dès 2026. Cependant, elle pourrait comporter des exemptions pour ceux ayant commencé à travailler tôt ou présentant une invalidité. De plus, un minimum de retraite de 1 000 euros, équivalent à 85% du Smic, pourrait être instauré.
Divers rapports récents, notamment ceux de la Cour des comptes et des économistes Jean Tirole et Olivier Blanchard, se penchent sur cette mesure, soulignant la nécessité de réformer après les lourdes dépenses provoquées par la crise sanitaire. Néanmoins, ce projet n'est pas sans risques.
Sur le plan politique, les partenaires sociaux craignent que la rentrée sociale s'annonce tumultueuse, d'autant plus que l'abandon de la suppression des régimes spéciaux pourrait faciliter l'acceptation de cette réforme par les syndicats, selon l'Élysée.
Un regard sur les conséquences économiques
Économiquement, le Conseil d'orientation des retraites avait noté dès 2019 que repousser l'âge de départ à la retraite pourrait accroître le chômage à court terme. L'analyse des rapports fournis à l'exécutif insiste également sur l'indispensable soutien à l'emploi des seniors, qui souffrent d'une exclusion du marché du travail bien avant l'âge de la retraite.
Les économies réalisées grâce à cette réforme devraient être investies dans l'extension de la garantie jeunes et dans une loi sur la dépendance, dont l'adoption a été repoussée à plusieurs reprises.
Avec la réélection de Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, qui propose un report à 65 ans, et les demandes de Marine Le Pen pour un retour à 60 ans, le projet de l'Élysée pourrait servir à rétablir une dynamique réformatrice. Comme l'indique un ministre au média Les Échos: "Si les gens n'en veulent pas, ils ne reconduiront pas Emmanuel Macron."







