Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’arbres fruitiers en ville ? Ces plantes pourraient non seulement embellir notre environnement, mais aussi offrir des récoltes savoureuses qui profitent à la communauté. Les enjeux environnementaux contemporains poussent les citadins à réfléchir à des alternatives durables, à l’image des potagers urbains, des toits-végétaux et autres espaces verts partagés.
Un retour aux sources : l’histoire des vergers urbains
Historiquement, les arbres fruitiers faisaient partie intégrante du paysage urbain. Comme le souligne Sébastien Goelzer, expert en permaculture urbaine dans son ouvrage Cultiver la ville*, les arbres offraient une multitude de ressources : fruits, bois, et même produits comme la soie et l'huile. Des initiatives comme les célèbres murs à pêches de Montreuil et les pépinières du Parc de la Tête d'Or à Lyon témoignent d'un passé où la productivité était valorisée. Cependant, le XXe siècle a vu une transition vers des plantations principalement ornementales, écartant ainsi l’aspect productif des espaces verts urbains.
Une renaissance nécessaire : vers des forêts comestibles
Pour faire face au réchauffement climatique et à la perte de biodiversité, de plus en plus de villes envisagent de créer des forêts ou micro-forêts. Ces projets passent par une déconstruction des surfaces bétonnées et l’élaboration de jardins-forêts qui favorisent la biodiversité. La mise en place de haies comestibles et de guildes fruitières permet également d’explorer des méthodes d’agriculture durable.
Le retour aux pratiques traditionnellement agricoles telles que la taille en têtard offre une avenue pour obtenir des ressources variées, y compris du bois et des branches adaptées pour diverses utilisations.
Les bénéfices des vergers en milieu urbain
Avec l’urbanisation croissante, les maraîchers souvent installés à la périphérie des villes négligent les arbres fruitiers en raison du temps nécessaire pour leur culture. Cependant, des initiatives comme celles de la ville de Tours montrent un changement de paradigme positif. Dans le cadre de son Plan Nature en Ville 2020-2026, Tours a lancé des opérations de plantation citoyenne, créant des jardins gourmands et des vergers participatifs.
Ces projets cultivent le sens communautaire et offrent une vaste gamme d’avantages. En favorisant la convivialité et en sensibilisant à l’alimentation, ces vergers améliorent également la qualité de l’air en réduisant les particules fines et contribuent à un climat urbain plus frais. Un seul arbre mature peut évaporer jusqu'à 450 litres d'eau, agissant comme un climatiseur naturel pour la ville.
* Éditions Ulmer – 296 pages – 13 avril 2023 – 28 €







