Le mûrier blanc (Morus alba), souvent désigné comme le mûrier commun, est un arbre imposant au port étalé. Originaire de Chine, cet arbre rustique peut résister à des températures allant jusqu'à -28°C. Son histoire remonte à plus de 4 700 ans, lorsqu'une légende raconte que l'impératrice Si-ling-chi a observé des chenilles se nourrissant de ses feuilles, inspirant ainsi l'élevage du ver à soie et le développement de l'industrie de la sériciculture.
Cette industrie a prospéré avant de s'étendre vers l'Inde, la Perse, et enfin l'Europe au XVème et XVIème siècle. En 1601, les premières plantations de mûriers blancs furent réalisées aux Tuileries, suivies par le soutien de Colbert pour leur culture, notamment dans le sud de la France. Cependant, le déclin de la sériciculture et la montée en puissance de la viticulture ont fait diminuer leur présence, avec un engouement particulier pour le mûrier noir (Morus nigra) dans certaines régions, comme la péninsule ibérique.
Caractéristiques du mûrier blanc
Atteignant environ 10 mètres de hauteur, le mûrier blanc connaît une croissance lente, atteignant entre 3 à 5 mètres en 20 ans. Cet arbre se distingue par son feuillage caduque de feuilles alternes, mesurant de 10 à 20 cm de long. Elles peuvent varier en forme d'un arbre à l'autre, prenant des allures ovales, cordiformes ou lobées, et brillent d'un vert vif avant de virer au jaune à l'automne. Son feuillage dense offre une belle ombre, faisant de lui un choix privilégié pour les jardins.
Chaque mai, le mûrier blanc embellit son allure avec l'apparition de petites fleurs. Sa fécondation donne lieu, en septembre, à des fruits ovoïdes, mesurant jusqu'à 3 cm de long, à la couleur blanchie-rosée. Bien que ces fruits soient comestibles, leur saveur douceâtre et légèrement fade les rend peu attrayants comparés à ceux du mûrier noir. Cependant, ils sont très appréciés par les oiseaux.
Conditions de culture et entretien
Pour prospérer, le mûrier blanc exige une exposition ensoleillée, à l'abri des vents froids et des embruns, dans un sol bien drainé et fertile. Ces arbres montrent une remarquable résistance aux maladies et aux nuisibles, bien qu'ils puissent être affectés par des parasites comme le xylophage asiatique (Xylotrechus chinensis). La plantation est idéalement réalisée en automne ou au printemps, car leur système racinaire pivotant s'adapte difficilement aux déplacements.
En termes d'entretien, les jeunes arbres nécessitent des arrosages estivaux, accompagnés d'un paillage pour conserver l'humidité. Pour favoriser une croissance harmonieuse, une taille occasionnelle est recommandée à la fin de l'automne ou de l'hiver.
Récolte et utilisation des fruits
La récolte des fruits a lieu à la fin de l'été, lorsque ceux-ci se détachent facilement du pédoncule. Leur conservation est limitée, mais ils peuvent être consommés frais, séchés ou transformés en confitures et gelées. En raison de leur saveur moins prononcée, ils sont souvent éclipsés par les mûres d'autres variétés.
En somme, le mûrier blanc est un arbre à multiples facettes, tant par son utilisation ancienne dans la sériciculture que par ses caractéristiques décoratives et alimentaires. Son héritage culturel et ses bienfaits modernes en font un choix prisé pour l'ombrage et la biodiversité dans les jardins.







