Consommer des aliments riches en fibres ne se limite pas à améliorer notre digestion. Une étude récente de Stanford Medicine, publiée dans Nature Metabolism, met en lumière leurs effets protecteurs contre des maladies graves, dont le cancer.
Les fibres alimentaires, bien que reconnues pour leurs bénéfices, restent souvent insuffisamment consommées. En moyenne, les adultes n’en ingèrent que 20 g/j, alors que les recommandations de l’Anses préconisent 30 g/j. Ce manque pourrait avoir des conséquences sur notre santé, comme le révèle cette nouvelle recherche.
Un levier contre le cancer
Les chercheurs ont observé que la digestion des fibres influence directement l’expression des gènes. Ces modifications sont essentielles dans la prévention de la prolifération indésirable des cellules, un mécanisme souvent observé dans le développement du cancer.
Lorsqu’une personne ingère des fibres, cela permet au microbiome intestinal de produire des acides gras à chaîne courte, qui fournissent non seulement de l’énergie, mais également régulent les gènes. L’étude a démontré les effets de ces acides gras sur des cellules saines et cancéreuses du colon, ainsi que chez des souris.
Michael Snyder, professeur de génétique à Stanford, indique : "Nous avons découvert un lien direct entre la consommation de fibres et leur impact positif sur la fonction génétique. Les acides gras à chaîne courte issus des fibres peuvent circuler à travers l’organisme".
Une piste pour améliorer la santé publique
D’après Snyder, "Les régimes alimentaires actuels sont trop déficients en fibres, ce qui nuit à la santé du microbiome et à la production d’acides gras à chaîne courte". Ces découvertes apparaissent à un moment où le cancer du colon devient plus fréquent chez les jeunes adultes, incitant à davantage de recherches sur les interactions entre alimentation et thérapies anticancéreuses.
Comprendre comment ces acides gras ciblent certains gènes pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches préventives et thérapeutiques. "Identifier ces cibles génétiques nous aidera à mieux saisir le rôle des fibres et ce qui dysfonctionne lors du cancer", conclut le chercheur.







