La shrinkflation est une technique commerciale de plus en plus répandue, mais peu de consommateurs en comprennent les implications. En substance, cette méthode consiste à réduire la taille ou la quantité d'un produit tout en maintenant, voire en augmentant, son prix, ce qui entraîne une augmentation subtile des coûts au kilo ou au litre.
Utilisée particulièrement en période d'inflation, la shrinkflation modifie la perception des prix pour les consommateurs. Elle permet aux fabricants de contourner les augmentations visibles tout en continuant à réaliser des bénéfices. Ainsi, les consommateurs payent le même prix, mais obtiennent moins de produits. Est-ce une forme de tromperie ou une simple stratégie commerciale ?
Définition et exemples de shrinkflation
Le terme shrinkflation provient de l'anglais, combinant shrink (réduire) et inflation, et désigne la réduction de la quantité d'un produit tout en maintenant un prix constant. Une autre méthode similaire dans le domaine des services est appelée skimpflation.
Les exemples de shrinkflation abondent. Par exemple :
- La bouteille de Fanta qui est passée de 1,5 litre à 1,25 litre sans changement de prix, représentant une augmentation de près de 20 % au litre.
- Le paquet de pâtes Barilla, réduit de 50 grammes pour le même prix.
- Les petits fromages Kiri, perdant 2 grammes pour le même montant.
Une pratique légale mais controversée
Bien que la shrinkflation soit légale, elle soulève des interrogations éthiques. Les fabricants ont l'obligation de mettre à jour l'information relative au poids, mais cette information est souvent cachée. Bruno Lemaire, ministre de l'Économie, a qualifié cette pratique d'"arnaque", insistant sur le fait qu'il est inacceptable de payer plus pour moins de produit.
Face à cela, certaines enseignes comme Intermarché et Carrefour commencent à sensibiliser les consommateurs. En affichant des messages clairs sur les produits concernés, elles cherchent à réduire les impacts dissimulateurs de ces stratégies commerciales. Les implications vont au-delà du simple achat, affectant les statistiques sur l'inflation, rendant ainsi le calcul de cette dernière souvent moins transparent.
La question demeure : comment ajuster les méthodes de calcul de l'inflation pour mieux refléter la réalité des consommateurs dans un contexte où la shrinkflation pourrait continuer à se développer ?







