Carpocapse, tordeuse, zeuzère, mineuse... la liste des ravageurs affectant les arbres fruitiers, notamment les pommiers et poiriers, est longue. Parmi ces nuisibles, on trouve l'hoplocampe, un insecte souvent considéré comme secondaire, mais qui peut causer de graves dégâts dans le jardin ou le verger. Appartenant à l'ordre des Hyménoptères et à la famille des Tenthrèdes, ou mouches à scie, l'hoplocampe est inoffensif à l'état adulte, mais peut s'avérer redoutable sous sa forme larvaire.
Qu'est-ce que l'hoplocampe ?
L'hoplocampe est un insecte ravageur de la famille des Tenthredinidae, souvent désigné sous le nom de "mouches à scie" à cause de son ovipositeur, un organe de ponte qui lui permet d'inciser les tissus végétaux.
Un hyménoptère redoutable
Mesurant entre 4 et 7 mm, cet insecte se distingue par une coloration sombre et quatre ailes. Bien qu'adulte il semble inoffensif en butinant les fleurs, sa descendance est beaucoup plus problématique.
Les larves, d'environ 1 cm de long, sont de couleur blanc crémeux et possèdent une tête brun foncé ainsi qu'une dizaine de paires de fausses pattes. Leur odeur très désagréable la rend particulièrement nuisible lorsqu’elles infestent les fruits.
Lié au cycle de floraison des arbres fruitiers, l'hoplocampe cause un préjudice direct à la production de fruits.
Trois espèces à surveiller
Trois principales espèces sont à craindre :
- hoplocampe du pommier (Hoplocampa testudinea),
- hoplocampe du poirier (Hoplocampa brevis),
- hoplocampe du prunier avec Hoplocampa flava et Hoplocampa minuta.
Un cycle de vie synchronisé avec les floraisons
Pour lutter efficacement contre l'hoplocampe, il est crucial de comprendre son cycle de vie annuel, qui coïncide avec la floraison des arbres fruitiers. Par conséquent, la période de ponte varie en fonction de l'éclosion des fleurs.
Diapause et émergence
Les larves passent l’hiver abritées dans des cocons souterrains, se protégeant ainsi du froid. Ces cocons, faits de terre et de soie, situés au pied des arbres, assurent leur survie durant les mois d’hiver.
Au printemps, entre mars et avril, la nymphe se transforme en adulte, émergeant du sol juste avant ou pendant la floraison de leurs hôtes.
Vol et ponte
Les adultes, bien que leur vie soit de courte durée, s'accouplent et se nourrissent de pollen pendant une à deux semaines. La femelle, grâce à son ovipositeur, dépose de 30 à 70 œufs sous l'épiderme du calice, rendant les zones touchées visibles grâce à des taches brunes.
Développement des larves
Après 10 à 14 jours d’incubation, les œufs éclosent et les larves s'immiscent dans les jeunes fruits pour s'alimenter, provoquant des dégâts considérables qui peuvent s'étendre sur six semaines.
La chute pour un nouveau cycle
Au terme de leur développement, les larves mature s'enfuient des fruits, tombent au sol, s’enterrent et tissent leurs cocons, renouant ainsi le cycle destructeur.
Dégâts sur les fruits
Les attaques d'hoplocampe ont lieu juste après la nouaison, entraînant des pertes significatives :
- Chute précoce des jeunes fruits, souvent les plus petits, due à leur nuisance ;
- Chutes secondaires des fruits attaqués, car les galeristes migrent ;
- Les fruits restés sur l'arbre souffrent de déformations et d'odeur nauséabonde provenant des déjections larvaires.
Stratégies de lutte contre l'hoplocampe
La lutte contre l’hoplocampe est complexe, car leur période d'activité coïncide avec la floraison, rendant difficile l'application des traitements. La prévention est donc prioritaire.
Mesures culturales
- Ramasser et détruire les fruits tombés, ou ceux abîmés, deux semaines après la floraison ;
- Travailler le sol à l'automne pour exposer les cocons aux prédateurs et aux températures froides ;
- Utiliser du paillage pour limiter l'enfouissement des larves.
Piégeage des adultes
Pour capturer les adultes, des pièges chromatiques blancs peuvent être installés dans les arbres, à mettre en place dès la formation des boutons floraux et à retirer après la chute des pétales.
Traitements biologiques en dernier recours
En cas d'infestations sévères, on peut envisager des traitements biologiques, mais ceux-ci doivent être appliqués durant la floraison, ce qui peut perturber les pollinisateurs :
- Les décoctions de tanaisie et d'absinthe pourraient s'avérer efficaces contre les larvae ;
- Le pyrèthre végétal, bien qu'efficace, est peu sélectif et son utilisation est de plus en plus réglementée.







